9. La Cathédrale Notre-Dame

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A l’aide de la gravure ci-dessus, racontez une évasion temporelle, qui fera le lien entre passé et temps présent à propos de cette place qui mêle différentes époques, différentes histoires qui se font écho.

6 réflexions au sujet de “9. La Cathédrale Notre-Dame”

  1. Quid de la cathédrale qui siégeait en ces lieux? Une vannerie d’acier en a bridé l’allure. N’eut été les gueules de bois béantes, figées en un cri silencieux, se distinguerait les douces colonnades contournées d’un tissu de pierre. Emprisonnée à dessein, elle dissimule ses vieux jours dans l’illusion des premiers.
    Bientôt, à la limite de ma vision se troublent les immeubles et le vertige me prend. Derrière moiles fiacres circulent par à-coups, s’accumulent puis caracolent. Il ne reste de mon siècle qu’un jeune homme hébété, regardant sans comprendre la demoiselle de pierre. En son adolescence elle a poussé trop vite, étirant ses huit jambes jusqu’à le l’élongation. Épuisée de cette brusque croissance, la voilà qui soupir une nuée anonyme. Ils quittent leur havre pour la rue qui s’agite, me traversant comme un songe. Je perçois au loin quatre silhouettes que ce souffle attire. Un carnet à la main je trace un fil d’Ariane, les lignes se repondent, bâtissant un présent dépassé. Bien vite ils s’évaporent dans la bouche gracieuse. Il ne reste que nous. Et le silence. Qu’auraient donc à se dire la falaise et l’enfant?

    Doucement reparaissent les sons de mon époque. Les immeubles immobiles questionnent ma raison. La vieille cathédrale me couve du regard, complice. Il me semble avoir franchi un portail sans m’en être aperçu. Cacophoniques, les pensées dans ma tête tourbillonnent tandis que je repose à terre. Engourdi du rêve d’un autre, je ramasse mon carnet, gisant à terre. Sur la page ouverte, un dessin repose au-dessus d’un sous-titre partiellement effacé:

    « Vue du portail… »

  2. Il est difficile d’imaginer tout ce qui a pu se passer ici. Tous les badauds que la cathédrale a pu croiser, entendre et voir. Quand je la regarde de mon temps, en l’an 2079, je me demande ce qui a pu se passer entre ses murs. Les bâtiments qui l’entourent semblent la regarder et envier son gand âge, sa prestence et sa résistance.
    J’aimerai l’entendre me parler de ses annectodes, j’aimerai m’évader dans ses souvenirs et vivre les époques qu’elle a connu, si différentes de la mienne et qui m’interpelle tant. Elle doit avoir tant d’histoires à raconter et j’aimerai toutes les écouter .

  3. Cela fait des siècles et des siècles qu’elle fait partie du paysage havrais. Aujourd’hui recouverte d’une combinaison métallique et d’un long manteau blanc, elle continue de subsister.
    Cette cathédrale, véritable vestige de notre histoire, pont entre notre lointain passé, parfois douloureux, mais aussi signe d’espoir pour l’avenir.
    En s’adaptant au fil des âges, elle continue de marquer les esprits de ceux qui la voient, et peu importe les changements alentours, peu importe le temps qui passe, notre Dame résiste, notre dame existe.

  4. La Belle Dame.

    À l’ancien centre géométrique du Vieux Havre se dresse depuis longtemps la Vieille Dame.

    Renvoyant au temps des pêcheurs du XIIIe siècle, avant même la naissance de notre bonne ville, la pauvre chapelle Notre-Dame-de-Grâce est devenue la sublime Cathédrale Notre-Dame !

    Imaginez la grande façade occidentale restaurée, cher visiteur ! Prenez le temps de contempler cette beauté qui a fait chavirer tant de passionnés des arts et tant de chroniqueurs !

    La jolie Dame est en fête ! Les godrons et guirlandes se mêlent aux volutes des chapiteaux. Les fleurs de lys, les pommes de pin végétalisent ce massif minéral ! Les anges portant leurs rameaux de palmier et ceux sonnant les trompettes solennelles vous accueillent tel le Roi des rois !

    Au petit portail nord laissez vous observer par la Salamandre ornant la clé de voûte, le fantastique animal du Père de la Ville vous garde de tous malheurs. Passez votre temps, admirez les peintures de lumière qui ornent les baies a l’entrée de la sacristie narrant l’histoire de la ville au sortir des Guerres de Religion.

    L’église fut blessée par une autre guerre, complètement ravagée par ces grands oiseaux d’aciers, en 1944. Mais vous pourrez toujours observer plusieurs reliques d’un temps révolu. L’orgue de tribune en est le meuble le plus imposant. Avec les Quatre Évangélistes prodiguant leur sagesse, l’orgue est orné d’un bien complexe décorum. Fleurs, guirlandes, font places aux guitares, violons, harpes et trompettes.

    Sortez au transept, par le portail au septentrion. Regardez les gargouilles et faites le tour. Cette gargouille vous questionne-t-elle donc cher visiteur ?

    Oh ! Cette gargouille qu’elle friponne ! Désolé de vous heurter mais les constructeurs des cathédrales et de grandes églises étaient les bouffons du clergé et du petit peuple. Mais au fond ces vexations qui s’imposent à vos yeux sont aussi les conseils les plus avisés !

    Or donc cette gargouille, ce chien qui plaque et étrangle avec sa queue cet oiseau contre son ventre. Quel supplice dîtes vous ? Pourtant ce coucou n’est pas si innocent… Il est entré dans la couche d’un autre pour y faire son nid d’amour ! Le cocu à certainement une vengeance bien méritée… Enfin autres mœurs autre époque, nous savons bien que la vengeance n’est pas la solution … Mais nous savons que ceux qui sèment le vent récoltent la tempête !

    Continuons cher ami, voyez cette abside hérissée d’autres bêtes, des griffons, des dragons. En arrivant au côté sud le perroquet nous rappelle les exotiques produits arrivant du Nouveau Monde et transitant dans notre port depuis toute cette époque.

    Après le portail du croisillon méridionale, où vous pourriez entrer sous le regard de cinq Rois et Reines de France, vous toisant tout au sommet des voûtes, observez le beffroi.

    Tour plus vieille que les murailles de l’église, il s’agit de la partie la plus ancienne. Ô temps que lui as tu fait subir ?! Cette tour est marquée. Elle porta le fardeau de la trahison des havrais contre le Roi ! Cette tour eu l’audace de gratter les nuages, elle était en effet plus haute ! Mais les anglais, accueillis par les Huguenots s’en servirent pour bombarder les assiégeants… Charles IX ne pouvait pardonner cet affront, il fit perdre la couronne de cette tour et il la décapita.

    Pierres aussi marquées par les tirs d’arquebuses des soldats d’Élisabeth Ier, et les éclats des bombes de la Royal Air Force… Ah, les anglais lui ont en fait voir de toutes couleurs !

    Mais ces cicatrices bonifie d’une certaine manière encore plus notre belle cathédrale. La perfection n’existe pas et ces particularités et ces blessures donnent un caractère bien original à cette Dame !

    Oh laissez moi vous retenir encore un peu visiteur… Patientez, vous avez vu sa beauté certe, mais vous n’avez pas entendu sa voix ! Le grand bourdon se met en branle, vite suivi du petit bourdon et des trois autres cadettes. L’harmonie de l’airain saisi votre âme, les douces vibrations des bronzes vous réchauffent votre cœur. Les bourdons solennels lui donnent sa majesté, alors que les petites cloches chantent une mélodie festive.

    Ces belles voix fêtent nos joie, elles clament solennellement les évènements cardinaux, elles pleurent nos morts, elles réconfortent l’endeuillé, elles donnent courage à l’angoissé, elles raffermissent celui qui doute ! Ces filles aux voix d’anges siègent dans leur chambre depuis si longtemps. Leurs voix accompagnent depuis toujours les havrais, elles ne se tairont jamais !

    Partez visiteur et n’oubliez pas que cette Belle Dame, aussi vieille soit elle, et le témoin et l’âme de cette cité !

  5. An XII de l’Ère Musk
    Je suis Tesléen XY-654, j’ai treize ans. Je n’étais encore qu’un petit bébé lorsque ma famille a migré pour la colonie EDEN. J’ai grandi sous une cloche, en respirant un air pur et profitant des bienfaits de la terraformation. Le soleil ne se couche jamais sur l’Empire d’Elon Ier. Je vais en cours tous les jours et ma matière préférée est l’Histoire de l’Humanité. Mon activité préférée est d’aller dans les Museums de Vie Terrestre parce que on peut y trouver des monuments entiers datant de l’époque où les Hommes vivaient sur Terre, avant qu’il n’y ait plus d’air respirable et plus d’eau potable. La plus grande oeuvre qui s’y trouve est une construction des anciennes religions: une cathédrale. Elle était une des rares constructions d’Europe ayant résisté à la guerre nucléaire. Elle est un vrai trésor pour nous, lorsque les équipes de l’Empire sont allées la collecter, il y a maintenant deux ans, on y a retrouvé une nichée d’oiseaux non mutants de passer domesticus. Ils ont été réintroduits dans la colonie. Maman dit qu’il n’y a rien de plus beau que de pouvoir de nouveau entendre le pépiement des oiseaux.

  6. 1874: je suis née dans le salon de la maison familiale. Quelques jours plus tard mes parents décident de me faire baptiser dans l’église de la rue.
    1884 : j’ai dix ans. Tous les dimanches nous allons à la messe à Notre-Dame. Je n’aime pas y aller, la cathédrale me fait peur, elle me paraît si grande et je suis si petite. En plus il fait si froid. Paul, mon frère, n’arrête pas de me faire peur avec des histoires d’âme et de fantômes qui hantent les lieux.
    1894 : j’ai 20 ans. Je passe tous les jours devant Notre-Dame avec indifférence, je ne suis plus une petite fille.
    1904 : j’ai 30 ans. Je me marie avec Robert, l’homme de ma vie à Notre-Dame le 18 janvier. Depuis ce jour, je regarde la cathédrale amoureusement me remémorant ce jour qui restera le plus beau.
    1914 : j’ai 40 ans. La guerre a frappée et toute la ville est plongée dans la peur et l’angoisse, même Notre-Dame semble pleurer la mort de nos hommes.
    1924 : j’ai 50 ans. Aujourd’hui j’enterre mon mari, mort d’une maladie. La cérémonie a lieu à Notre-Dame. J’ai mis du temps avant d’y remettre les pieds.
    1934 : j’ai 60 ans. Je me suis réconciliée avec Notre-Dame. J’y passe mes journées à prier et à admirer l’architecture. Comment ai-je pu passer autant de temps sans me rendre compte de la beauté de Notre cher Dame.
    1944 : j’ai 70 ans. Et j’ai vécu ma dernière visite à Notre-Dame cette année là. Le bombardement a pris ma vie.
    2019 : je ne sais plus quel âge j’ai. Mais une chose est sûre : mon frère avait raison à propos des fantômes et des âmes. Cela fait des années que j’erre aux alentours de Notre-Dame en la regardant vieillir et s’embelir avec l’âge. Ce qui me plaît le plus c’est de rester assise et de la contempler toute la journée pour voir son visage changer en fonction de l’heure et la météo. Au final, ma plus grande amie c’est toi Notre-Dame.

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