2. L’étrave du France

Je n’ai jamais cessé de voyager.

 

Mettez-vous à la place du France, racontez-nous son ressenti lors d’un de ses voyages (réel ou imaginaire).

7 réflexions au sujet de “2. L’étrave du France”

  1. Voyager : encore et toujours !
    Des sentiments ressentis !?
    Par le souvenir de 5 sens de mes voyages!
    Être touché par la main de la statue de la liberté à proximité de NewYork comme la main de Bartholdy son sculpteur … français.
    Entendre le chant de la petite sirène de Copenhague.
    Humer les parfums des épices du port de Calcutta.
    M’émerveiller de la lumière du Phare d’Alexandrie .
    Régaler les papilles de tant de croisiéristes de délicieuse cuisine francaise sur Mes petits ponts de bois.
    Souvenirs inoubliables !
    Voyageons encore.

  2. Fendre les eaux.
    L’or noir qui circule dans les turbines. Insectes qui s’agitent dans les entrailles et sur le pont, convaincus qu’ils maîtrisent désormais les flots, victoire de la masse mécanique sur l’océan indomptable.
    Les embruns fouettent la coque, comme un rappel que paquebot et humains ne seront jamais que des passagers.

  3. J’ai vogué sur les flots de jours et de nuit. Je ne me suis que rarement arrêté, seulement pour rencontrer de nouvelles personnes. J’ai vu beaucoup de au revoir, dans les pleurs et les embrassades, les mains qui saluaient au loin. Mais j’ai aussi vu de grandes joies, des personnes se sautant dans les bras, des baisers d’amoureux tellement heureux d’être enfin réunis. J’en ai connu des visages, des horizons, des bateaux, des capitaines et des noms. Je ne saurai vous conter toutes les histoires que je connais tellement j’en ai vues et entendues.
    Si seulement vous pouviez entrer dans mon esprit, vous seriez étonnés du nombres de choses que j’ai aimé.

  4. Depuis toujours j’attends cet instant, plonger dans le grand bain, voyager, traverser le monde.
    Les humains me font enfin confiance, aujourd’hui c’est le grand jour, bien sûr j’ai déjà effectué des petits voyages durant ma formation à la prestigieuse école des paquebots du Havre, mais cette fois ce sera une autre paire de manches.
    Que faire si je n’arrive pas à faire mon travail, si je manque un virage, si je ne fends pas aussi bien les eaux qu’à l’école ?
    Non, je ne dois pas y penser, mes parents comptent sur moi, je ferai la fierté de ma famille, pour ce premier voyage, je découvre un nouveau monde, l’océan et ses caprices, direction New York !

  5. Je n’ai jamais cessé de voyager, aujourd’hui fixé entre les pêcheurs et les croisiéristes je voyage avec vos mots et vos pensées.
    Mais cela n’a pas toujours été ainsi : il aura fallu m’extraire d’un ferrailleur Indou après avoir transité par la Malaisie puis le Bangladesh où mon amiante était indésirable.
    Auparavant, une explosion en mon sein avait causé la mort de ces marins qui m’ont accompagné tout au long de ma vie. Nous étions à Miami, la Floride et ses palmiers… et 41 ans de bons et loyaux services. L’âge mûr.
    Savez-vous qu’il aura fallu quelques 42000 croquis de préfabrication pour que je vois le jour ? Mon enfance est faite d’allers retours sur l’Atlantique (en 5 jours, s’il vous plaît) ponctués de quelques tours du monde : les ports de Valparaiseau, Halifax, Alexandrie, Hambourg, Kochi, Rio de Janeiro… des escales mondaines.
    Adolescent boudeur, c’est un homme d’affaire saoudien qui me prend à sa charge. Quel ennui ! 2 longues années à ne rien faire. Finalement c’est dans la mer des Caraïbes que je passerai une grande partie de ma vie, ses eaux cristalline, son corail et ses poissons. Plus de 2000 passagers, à chaque voyage sous le nom de Norway.
    Avec tous ces souvenirs j’ai retrouvé mon port d’attache, pour ne plus le quitter.

  6. Ma petite Odyssée prend fin, ceci est mon dernier voyage. J’ai donné ma vie à la mer, à la merci de sa clémence ou de ses flots déchaînés. J’ai vu des familles entières partir à l’aventure le temps d’une croisière à mon bord. Sur ma coque les parasites pullulent mais je ne leur en veux pas, on a tous besoin de s’accrocher à quelque chose, j’ai bien mouillé dans plusieurs ports. Je suis fatigué à présent, il est temps pour moi de retourner à la terre. Je lègue mon corps à qui voudra mais j’aimerais quand même qu’il reste un peu de moi au Havre, c’est un peu ma maison après tout.

  7. D’abord la mélodie du vent qui dévoile mes mats et joue des cordes, tel est mon bon plaisir quand j’ai le vague à l’âme. Ensuite les rires anodins des quidams ayant élu ma proue pour leurs pénates. Je n’ai pour mission que de les mener à travers mon pays de plaines ondoyantes, passeur des temps modernes.

    Aujourd’hui encore je mène ma fourmilière vers une nouvelle demeure. Les cris saluent mon départ malhabile et des larmes d’écumes ruissellent de mes hublots. Ma tristesse se noie dans la douceur des flots qui cajolent ma coque. Demain est un souvenir que j’ai déjà vécu. Je connais les courants qui m’animent, les géantes nageuses qui chantent à ma venue, les enfantins esquifs qui tutoient mon grand âge. Mais s’habituent-on jamais à n’être bientôt plus?

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