10. Le point de vue MuMa – Capitainerie

L’appel du large comme un horizon désirable qui se dérobe quand vient la nuit.

Que vous inspire cette porte qui s’ouvre au loin ?

La scène doit se dérouler au crépuscule, ou bien de nuit.

8 réflexions au sujet de “10. Le point de vue MuMa – Capitainerie”

  1. Le soleil tombait sur l’horizon, une nouvelle journée s’achevait. Une journée rythmée par la cloche qui nous signalait la fin du déchargement. Pause déjeuner. Chargement. Les navires partaient et revenaient, leur rotation incessante nous donnait à manger. Le soir je venais ici regarder le soleil s’échapper. Un jour je le suivrai.

  2. Il y a tellement de choses à imaginer, quel pays va se dessiner au loin, quel bateau va-t-on croiser ? Au crépuscule les bateaux semblent poursuivre cette belle lumière oranger , sans peur de ce qu’ils vont bien pouvoir croiser de nuit. Les pierres noires dans cette eau bleue sombre se dessinent en tant que rempart traversant le temps, cette porte qui se réduit dans le noir semble défier les paquebots de la traverser.

  3. Une nouvelle fois le rouge du soleil couchant vient se mêler au bleu de la mer. Mon regard fixé à l’horizon, j’admire ce fabuleux spectacle.
    Si proches, et pourtant si lointains, les cargots dansent sur les flots, et je reste à quai.
    10 ans, 10 longues années que j’attends son retour. Elle était là, au loin, elle m’a inspiré tant d’aventures, reviens près de moi mon amour.

  4. Sa robe se prenait dans les herbes folles et ses pieds nus foulaient la terre où les insectes nocturnes s’éveillaient. Les lucioles avaient guidé des générations de femmes avant elle à travers ce chemin qui menait à la falaise. La brume commençait à s’élever de la mer et l’ouverture de la cérémonie était annoncée par le tintement d’une cloche.
    Les aînées entamèrent les chants ancestraux d’appel aux roches et à l’écume, leurs corps dansant au rythme de la brise.
    Cette nuit, à l’heure de l’envol des sorcières, elle se gorgerait des rayons de Lune et accueillerait les dons offerts par la Déesse.

  5. Le jour se mêle à la nuit. L’immensité de la mer s’empare de nos regards. Le crépuscule est indéfini. Est-ce le matin, ou le soir ? Le rayon vert du soleil, si difficile à cerner, nous apparaît pourtant. Il rend ce moment éternel, et accroche nos rires en nos souvenirs. Les lueurs s’estompent, et le silence se fait. Chacun savoure l’instant à sa manière, le sublime du quotidien provoque en nous des réactions diverses. Sentiment d’immensité ou de fragilité, gratitude éternelle. Les rires laissent place aux regards et nous partons vers un autre ailleurs.

  6. J’ai toujours pensé que le bout du monde était ici. L’autre, le « vrai », m’a toujours paru artificiel, forcé : la plage s’arrête là, alors c’est le bout du monde. Mais moi, quand j’arrivais sur mon fier destrier mécanique, après avoir pédalé à ce qui à mes yeux d’enfants était une vitesse phénoménale, quand j’arrivais au point de vue et que l’immensité de la mer et du ciel s’ouvrait devant moi, je me sentais vraiment au bout du monde. J’avais l’impression d’être une aventurière profitant d’un repos bien mérité après moultes péripéties. Je restais là à rêvasser, les yeux perdus sur l’horizon. Les gros paquebots au loin se muaient en des cités flottantes fantasmagoriques que je m’imaginais rejoindre à la nage.
    Ce soir, le crépuscule qui habille lentement le ciel me les dissimule : ce n’est pas un de ces soirs où la beauté des couchers de soleil me fait penser aux roses, aux moutons, et au fait que la vie vaut la peine d’être vécue. Non, ce soir c’est un bleu marine monochrome qui émerveille moins, certes, mais apaise. C’est un moment suspendu entre l’instant où le soleil a glissé de l’autre côté et où les lampadaires ne se sont pas encore allumés : tout devient bleu, même les chats.
    Ce soir, je suis venue à pied jusqu’à mon bout du monde, mais je sais que mon vélo file encore sous le vent, défiant la gravité alors qu’il prend son envol, accompagné par mes éclats de rire.

  7. Les yeux rivés sur l’horizon, elle guette le large à la recherche de son amour perdu. Depuis longtemps elle l’attend, lui qui a ravit son cœur puis qui est parti au loin. 10 ans qu’elle l’attend. Mais cette attente allait enfin prendre fin, il avait promis de revenir aujourd’hui. La journée arrivait à son terme, les derniers rayons chauds du soleil disparaissaient avec lui, et le vent frais du large la faisait frémir. Mais elle tient bon, elle ne partirai pas car il avait promis. La journée n’était pas terminée.
    Son regard déterminé ne quitte pas cet horizon qui détient toutes les promesses qu’ils se sont faites, leurs projets, leurs rêves.
    De nombreux bateaux entrent dans le port, mais seul un retint son attention, lui à la silhouette si familière qui réchauffa immédiatement son cœur abandonné depuis si longtemps. Des larmes silencieuses dévalent la pente de ses joues pendant qu’un sourire éclaire son visage à la place du soleil qui avait quasiment disparu. Il était revenu.

  8. Nous étions deux à l’extrême limite entre deux univers. Même la tempête n’aurai pu nous retenir de quitter la dureté de l’autre hypothèse. Oui, la terre est dure et l’Homme en est la cause. Que de nuits terribles où résonnent les sirènes! Dormir est-il un affront qu’on nous bombarde sans cesse? La guerre s’éternise et je n’ai pas déserté pour finir dispersé aux quatre vents.
    Nous étions deux, certes, mais que peut un enfant dans pareille tourmente? Au loin, dans la nuit se distingue à peine la porte dégoulinante des assauts de la houle. À nos pieds tambourine la barque qui nous est un carrosse. La nuit monte et s’enfle en dessous de nous quand tombe la première goutte lumineuse. La ville rugit de douleur et s’affaisse. Au loin, dans le fracas des vagues, retentit le passé.

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